AnthroPoetic Lab

Qu'est-ce que c'est ?

AnthroPoetic Lab est un projet de recherche-action et de recherche-création qui a débuté en 2008. Tout a commencé par une immersion de 14 années dans les pratiques narratives des différentes cultures du monde : Sibérie, Océanie, Europe, Amérique du Sud. J'ai pu mesurer à quel point la façon de se raconter son monde change à la fois la personne et le monde. En devenant chercheuse en 2022, j'ai rencontré la discipline de l'éthno-poétique qui étudie la narration à la fois du point de vue des chercheurs académiques et des conteurs-praticiens. 

Pourquoi ?

Ma thèse en sciences de gestion s'inscrit dans le cadre conceptuel de la Théorie Néo-Institutionnelle. D'après cette théorie, les humains sont en interaction avec deux environnements, le matériel réel et le symbolique mythique qui peut nous conduire à agir inéfficacement. La narration individuelle transforme les mythes rationnels collectifs qui a leur tour transforment la narration individuelle, et donc l'ensemble de nos institutions : travail, démocratie, culture organisationnelle. Si notre narration change, nos institutions vont changer ! 

Les deux premières révolutions de l'Humanité

L'Humanité a connu 2 propulsions cognitives révolutionnaires : l'avènement du langage humain articulé, puis l'invention progressive de l'écriture. La langue que nous parlons est une interface entre la pensée et son expression, l'individuel et le social, l'ordre et le désordre.

Quant à l'écriture, conçue d'abord comme un véhicule d'information et non de pensée, elle ajoute désormais une nouvelle fonction de mise en forme des réflexions et donne à "voir " la langue à distance, ce qui permet au locuteur de prendre conscience de la langue comme une réalité distincte, indépendante de ce qu'il en fait.

Bienvenue dans la 3ème révolution humaine !

Une troisième propulsion cognitive est en cours : la numérisation de nos modes d'expression et de communication, doublée de l'interprétation du langage par les Intelligences Artificielles. La réalité des langues en circulation est donc à présent déléguée également aux machines aux côtés des humains. 

L'Humanité va-t-elle conserver la main mise sur sa narration : raconter nos émotions, nos histoires, nos contes, mythes, légendes et notre histoire passée en langage humain ? Notre mode narratif va-t-il changer pour devenir hybride et cyber ? Telle est la question de recherche qui m'anime.

Homo Sapiens ? Homo NARRANS !

À partir des années 1980, de plus en plus de scientifiques, dont Fischer, spécialiste de la communication humaine, considèrent la narration comme le trait distinctif de notre espèce. Nous naissons conteurs et conteuses ! C'est ce qui fera dire à Roland Barthes : « Le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l'histoire même de l'humanité, il n'y a pas, il n'y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit (…). Le récit est là comme la vie. » Un bon récit se raconte et se transmet à travers le temps, les personnes et les cultures. Un mauvais « ne prend pas » et cesse d'exister plus ou moins rapidement. Qu'est-ce qui fait un bon ou un mauvais récit ? Le sujet, la longueur ou la forme ne peuvent pas l'expliquer. Un bon récit est celui qui est viable, comme un organisme vivant. Il a une adéquation organique entre le fond intérieur et la forme extérieure. En somme il est fait à l'image humaine. En tant que tel, il devient indépendant de ses créateurs et peut circuler de manière autonome et se transmettre. Souple et d'une diversité infinie, le récit donne des ailes à toute entreprise humaine.

Mythologie-narratologie

En tant que science jeune et transversale, la narratologie est au carrefour de l’anthropologie et de la sémiotique. Apparue au début du 20è siècle sous l’impulsion des formalistes russes Propp et Tomachevski, elle a été enracinée en France par Greimas (1963) puis Brémond (1966). C’est à partir du 19è siècle que les contes, mythes et légendes d’Europe et du monde commencent à intéresser la recherche au regard de leur similarité à des endroits éloignés géographiquement ou culturellement. Les formes narratives existent partout, quelles que soient l’organisation sociale ou économique d’une société. Les nouveaux courants d’anthropologie, avec Dumézil, Malinowski et Levi-Strauss en tête, s’intéressent aux mythes pour comprendre les différents systèmes de pensée et d’organisation sociale. La théorie du récit s’élabore progressivement afin d’analyser, comparer et étudier les récits entre eux. Les premières approches consistaient en des tentatives d’établir une liste de « types », « éléments » ou de « motifs » en tant qu’unités minimales universelles (Aarne, 1910 ; Veselovsky, 1913 ; Von Spies, 1924 ; Von der Leyen, 1925 ; Thompson, 1932, 1936, 1966). Cette approche s’avère difficile car la liste de motifs ne cesse de s’allonger et il ne suffit pas de combiner les motifs ensemble pour obtenir un récit (Le Quellec et al, 2017). L’approche formaliste russe propose une autre démarche : modéliser à partir de la comparaison analytique de plusieurs dizaines de contes merveilleux russes (Propp, 1928 ru, 1958 angl, 1965 fr). Selon cette conception, c’est l’action d’un personnage qui apporte un sens au déroulement de l’intrigue, nommée alors fonction. Propp identifie 31 fonctions pour 7 personnages qui sont les parties constitutives d’un conte. Le nombre de fonctions est limité, la succession des fonctions toujours identique et tous les contes merveilleux appartiennent au même type en ce qui concerne leur structure. Cette approche sera régulièrement prolongée, révisée et critiquée par d’autres chercheurs. Certains, comme Levi-Strauss (1958), adoptent un point de vue structuraliste : le mythe se structure par une relation logique de fonctions à l’intérieur de chaque mythe, qui peuvent être recherchées dans d’autres, chacun se construisant sur deux fonctions principales. Ce sont les relations entre les personnages qui structurent le récit, par exemple « la fonction filiation » ou la « fonction rivalité ». Les narratologues français Greimas et Brémond affinent l’analyse de Propp, en réduisant le nombre de fonctions, en ajoutant des niveaux différents et en proposant un modèle dynamique qui inclut une part de la vision structuraliste de Levi-Strauss. Le modèle actanciel de Greimas (1970) modélise trois types de relations : de désir, de communication, de lutte. Adam (1985, 1991) proposera une définition du récit en 6 composantes nécessaires.

Storytelling

Les travaux de Propp ayant été traduits en anglais dès 1958 (1965 en français) plusieurs chercheurs ont poursuivi ses recherches, dont Armstrong puis Dundes. En 1984 Fischer proposera de définir Homo Sapiens aussi comme « Homo Narrans », la narration étant pour lui la base de la communication humaine. Dans le prolongement, la théorie du récit inspire la théorie des organisations de Boje (1991) qui définit l’organisation comme un récit qui se raconte : storytelling oganization. C’est donc prioritairement par la recherche anglo-saxonne que la narratologie a contribué indirectement aux sciences de gestion en France dans un premier temps. Dans la mesure où le terme anglais de storytelling indique de par sa désinence « -ing » le processus de narrer des histoires, certains travaux en sciences de gestion ont conservé l’appellation non traduite du concept de storytelling. D’autres parlent de narration ou encore de narratif, qui est une traduction du terme anglais narrative issu d’une description narratologique du récit. La langue anglaise permet de distinguer le phénomène statique to tell stores du processus dynamique storytelling, mais elle ne fait pas la distinction entre « récit », « histoire » et « anecdote ». To tell stories peut très bien désigner chacune de ses trois actions différentes. Quant à la langue française, elle n’a pas de désinence de processus équivalent au -ing anglais, mais elle permet très clairement de dénommer et donc de définir ce qu’est un récit. Giroux et Marroquin (2005) remarquent une utilisation insuffisante des apports de la narratologie française en sciences de gestion. Leur constat permettra à certaines recherches de puiser dans ce fond. En 2005, Soulier dénombre trois phénomènes qui se recoupent sous la notion de storytelling : une donnée observable dans toute organisation où des récits circulent inévitablement ; une méthode d’analyse organisationnelle dans le prolongement des travaux de Boje ; une démarche volontariste de gestion de la connaissance en entreprise, nourrie des théories de l’innovation, de la connaissance et de l’apprentissage organisationnel. À la même époque, Salmon (2008) publie son essai critique du storytelling qu’il accuse de formater les imaginaires, de « storyfier la guerre » et de se mettre au service de la manipulation politique. À l’opposé du pouvoir endormant et uniformisant dénoncé par Salmon, des auteurs affirment que l’approche narrative permet au contraire une lecture critique des phénomènes qui se lisent à tort comme homogènes (Persson et Rappin, 2013) ou bien notent le potentiel aussi bien critique que comparatif du récit pour générer des histoires alternatives, notamment dans le cadre de changements organisationnels (Germain, 2019).

Et si le récit devenait votre meilleur compagnon de route ?

Approche innovante inédite par AnthroPoetic Lab
Qu'est-ce que c'est ?
À travers un parcours complet d'accompagnement, nous vous invitons à vivre une expérience unique et ludique : fabriquons ensemble votre récit-compagnon !
À la fois outil stratégique, démarche d'autoformation et d'affirmation de soi, la méthode du Récit Vrai Conté est née au terme de 3 ans de recherche et de développement dans le cadre de mon doctorat à l'Université de Rouen.

Un Récit Vrai Conté !
Inspiré de la forme de conte intitulée "bylinka", qui peut se traduire par "petit conte vrai", le principe est simple : puisque chaque être humain sait naturellement conter, nous allons utiliser ce savoir-faire pour structurer votre propre récit. La narration est un procédé cognitif dynamique qui permet de prendre de la distance afin de "voir" agir la personne en suivant son parcours. Les astuces techniques des conteurs professionnels, que nous allons vous transmettre, permettent de s'approprier tout récit pour le rendre malléable et adaptable aux besoins propres à chaque personne.

Après le parcours Vous disposerez d'un outil personnalisé, élaboré à partir de vos valeurs et de vos objectifs de vie. Quelles que soient vos évolutions futures de parcours, l'outil restera opérationnel puisque vous aurez la maîtrise de son élaboration continue.
Un parcours à votre rythme
C'est une démarche de co-construction en 3 séances progressives dans une optique de véritable transfert de compétences avec plaisir et légèreté. 
1ère séance d'1h30 : récit libre 
2ème séance d'1h30 : récit structuré selon l'art du conte 

Au terme de ce processus, vous découvrirez votre récit authentique, unique et confidentiel. 

3ème séance d'1h : vous apprenez à manipuler ce récit comme votre outil personnel évolutif pour piloter, décider, communiquer. 

Séances individuelles en visio.

" Le récit permet de réfléchir sans avoir l'impression de réfléchir. " (J.M. - cabinet d'architecture) 

" Merci ! Il faut que je pense plus au positif d'une manière générale ! " (C.B. - cabinet d'avocat)

Accompagnements réalisés en 2023 et 2024
Ce travail ayant une dimension intime et émotionnelle, les personnes ont requis l'anonymat.
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