Chroniques animées
À paraître le 15 mars 2026.
Publication de la newsletter diffusée en janvier 2026.
- À l’ère du tout-numérique, l’accès aux outils et aux compétences digitales n’est plus un luxe, mais une nécessité. Que ce soit pour travailler, collaborer, étudier, accéder aux services publics ou simplement participer à la société, le numérique est devenu le nouveau langage manié au quotidien. Mais est-ce que nous sommes pleinement à l'aise avec nos pratiques digitales ?
- L'adoption des outils numériques ne dépend pas uniquement de la technique, mais repose sur des leviers psychosociaux — ces croyances et perceptions qui dictent notre rapport à la technologie. Le Baromètre du Numérique 2025 paru en novembre dernier identifie trois freins majeurs : la protection (47 % de la population craint pour la sécurité de ses données), les obstacles socioculturels (le sentiment de ne pas être assez compétent) et le manque d'adhésion par désintérêt. L'étude souligne un décalage fréquent entre l'usage « idéal » imaginé par les concepteurs et la réalité des utilisateurs, qui adaptent les outils à leur quotidien selon leur milieu social. Cette dynamique se traduit par quatre profils types, dont les « Inquiets » (37 %), qui utilisent le numérique par nécessité mais redoutent la perte de contrôle sur leurs données. Pour nous, professionnels, ce diagnostic confirme que la protection des données n'est pas qu'une obligation légale, mais un levier de confiance indispensable pour rassurer une large partie de vos collaborateurs et de vos interlocuteurs.
- La démocratisation du numérique dépasse donc la simple fourniture d'équipements pour devenir un enjeu de responsabilité collective, liant accessibilité, sécurité et accompagnement. Pour les citoyens, c’est la clé de l'accès aux droits fondamentaux et à la protection contre les cyber-risques, alors que 13% des Français en moyenne souffrent encore d'illectronisme selon l'INSEE. Côté entreprises, cette transition est un levier de compétitivité et de confiance, où la protection des données devient un gage majeur de crédibilité. Prendre soin de ses données, c’est avant tout protéger le capital immatériel de l’entreprise pour garantir sa performance durable car une donnée saine, organisée et sécurisée est le moteur d'une prise de décision fondée et d'une relation client de qualité. Mais au-delà de l'aspect stratégique, c’est aussi un acte de management responsable : en veillant à la confidentialité des informations de vos collaborateurs et en simplifiant leurs interactions avec les outils numériques, vous réduisez leur charge mentale et renforcez leur sentiment de sécurité, indispensable pour engager vos équipes et pérenniser votre activité.
- Pour les institutions, l'enjeu est de garantir un service public exemplaire, transparent et universellement accessible. Mais la complexité juridique se rajoute à la complexité socio-technique ! Une réforme sera à surveiller de près en 2026 : le Digital Omnibus européen officiellement présenté fin 2025. C'est un vaste projet de simplification législative visant à harmoniser et à "nettoyer" la jungle des réglementations numériques (RGPD, AI Act, Data Act). Son objectif principal est de réduire la charge administrative pour les entreprises, notamment les PME, en supprimant les doublons et les incohérences entre les différents textes. Bien que salué pour son pragmatisme économique, il suscite des débats chez les experts de la vie privée, car il pourrait réduire le niveau de protection de certaines données sensibles au profit de l'innovation, notamment pour l'entraînement des intelligences artificielles. Ces évolutions à venir montrent que démocratiser le numérique, ce n’est pas seulement une question de moyens techniques, financiers ou juridiques. C’est avant tout une question de volonté et de responsabilité autant individuelle que collective!
Éclairage juridique
Désormais, l’accès aux outils digitaux est devenu un impératif social et professionnel. Pourtant, selon ce nouveau Baromètre du Numérique de 2025, 65 % des Français ont des craintes principalement liées à la protection des données personnelles (28 %) et aux risques d’arnaques ou de harcèlement (19 %). Ces inquiétudes ne sont pas infondées, car la massification des usages numériques s’accompagne d’une augmentation des risques cyber.
Pour les entreprises, l'évolution de la règlementation européenne à venir n’est pas qu’une obligation légale mais sera un levier de confiance essentiel.
Dans ce contexte changeant, les organisations doivent adopter une approche proactive : formation des collaborateurs, sécurisation des données et choix de solutions conformes.
💡Conseil de DPO externalisé : cartographiez les risques liés aux outils numériques et intégrez la protection des données dans la culture de votre entreprise.
Enjeu d'organisation
Si l'absence de démocratisation conduit à l'exclusion, l'accessibilité massive du numérique génère des difficultés à son tour.
Le principal défi est lié à la massification des usages informatiques qui entraîne une démultiplication du nombre des usagers et du nombre des outils. Côté utilisateurs, plus il y a de monde à se servir du numérique, plus les risques cyber sont élevés car l'erreur humaine est le 1er facteur explicatif de la réussite des attaques. Côté outils, plus il y en a, plus il devient difficile de coordonner les process de l'entreprise : le Référentiel OICN 2025 note une augmentation du volume de mails tournés vers l'interne et de ce fait une surcharge de travail croissante pour les managers.
💡Les usages et les outils prolifèrent comme une végétation envahissante, il est donc indispensable de s'en occuper en continu, à la manière d'un jardin !
On a testé pour vous l'outil du mois: Proton Drive
Savez-vous que le simple fait que le serveur de stockage Cloud se trouve en Europe ne garantit pas la confidentialité de vos données ?
Si la société opératrice (serveurs, data center ou câbles sous-marins) est sous juridiction américaine, elle reste soumise au droit US et doit fournir l'accès aux données sur requête de l'état fédéral selon les termes du Cloud Act 2018 ou du FISA Act à la demande des services de renseignement états-uniens ou encore de l'Executive Order 12333 qui est un décret présidentiel unilatéral hors contrôle du Congrès depuis 1981.
Des solutions européennes existent et nous nous sommes donc penchés ce mois-ci sur l'une d'elles. Nous avons testé le Cloud 100% européen mis en place localement en Suisse par Proton, opéré par la Fondation Proton à but non lucratif.
Avis techno-enthousiaste
Parfait pour le stockage de tout type de données non techniques : documents de traitement de texte, PDF, images, vidéos, sons avec toutes les options de partage et de collaboration.
Points positifs : ergonomie et simplicité d'usage, importante capacité de stockage pour un coût très raisonnable, synchronisation automatique avec les photos depuis smartphone, accès gratuit ou préférentiel à la suite d'autres outils sympa (VPN, Pass, Wallet, Authentificator), design sobre mais punchy. Depuis l'arrivée du traitement de texte et du tableur intégré, il permet d'accomplir à peu près les mêmes tâches que les concurrents (Google Drive, One Drive, ICloud).
Points négatifs : certaines fonctionnalités et commandes sont pour l'instant en anglais seulement et il n'y a pas d'équivalent de Power Point intégré, mais si on utilise des solutions alternatives de présentation (par exemple Canva ou Gamma), le PPT devient inutile.
Avis techno-méfiant
Marre des One-Drive et autres Google-Drive américains, j’ai testé Proton Drive, et adopté la suite complète Proton pour reprendre et conserver le contrôle de mes données personnelles et professionnelles.
Voici ce qui m’a convaincu :
- Souveraineté des données : Les serveurs sont en Suisse, hors de portée des lois américaines. Vos documents (PDF, images, vidéos) restent protégés contre les requêtes gouvernementales.
- Simplicité et ergonomie : Synchronisation automatique avec les photos, interface intuitive, et intégration d’outils bureautiques (traitement de texte, tableur).
- Économie et éthique : Tarifs raisonnables, modèle à but non lucratif, et accès à une suite d’outils complémentaires (VPN, gestionnaire de mots de passe).
Proton Drive est devenu une alternative sérieuse pour ceux qui refusent de confier leurs données aux GAFAM. Un choix techno-méfiant, mais assumé !

