Retrouvez sur cette page les newsletter publiées 2 mois après leur diffusion et les chroniques vidéo d'une cyberanthrope au fil de l'eau (en cours de préparation pour la saison prochaine).
Publication de la newsletter diffusée en avril 2026
➡️ Le mois dernier nous partagions nos tentatives de nous passer de Microsoft et de Google. Soyons honnêtes : la migration idéale, fluide et indolore, n'existe pas. Chaque outil abandonné laisse des traces, des habitudes, des formats, des workflows construits au fil des années. Et des points d’achoppement sérieux subsistent. Les deux principales difficultés que nous avons rencontré pour nous passer des systèmes des deux géants californiens ne tiennent pas à notre organisation interne, que chacun de nous maîtrise et construit patiemment. Deux sujets majeurs peuvent devenir bloquants : la gestion de la planification agenda et la collaboration avec des personnes extérieures.
Comment est-ce possible que la planification soit un obstacle alors que des centaines de solutions pullulent pour aider à planifier, gérer, organiser notre temps professionnel ? Le paysage des solutions de planification en 2026 se divise en trois catégories principales : les suites tout-en-un (Microsoft, Google, Infomaniak), les outils spécialisés interconnectés (Calendly, Doodle, Linktree), et les solutions open source. La tendance majeure est l'intégration de l'IA pour l'optimisation automatique des plannings. Le paysage a évolué : là où on cherchait simplement à "éviter les e-mails", on cherche aujourd'hui l'automatisation intelligente et la flexibilité hybride. Le rendez-vous visio est devenu un nouvel espace numérique indispensable à ajouter pour rencontrer clients et partenaires.
Ainsi, par la simple nécessité d’interactions de communication, de planification, de collaboration sur des documents communs, nous nous trouvons toutes et tous imbriqués dans un système numérique global qui dépasse largement le cadre d’une entreprise ou d’une organisation. Et c’est là que tout se joue : si individuellement on adopte un système hors Gafam, comment va-t-il être interopérable avec les systèmes de nos clients et partenaires potentiellement logés chez Microsoft et Google ?
➡️ Nos premières observations : l’interopérabilité technique des différents outils est plutôt bonne. Mais l’interopérabilité organisationnelle reste délicate : il faut questionner nos usages, ceux de nos interlocuteurs, trouver des compromis et de nouveaux processus.
Ce qui fonctionne bien : les nouveaux usages partent directement sur les outils souverains. Mail, agenda, stockage des nouvelles données : la transition s'installe naturellement pour tout ce qui est créé aujourd'hui.
Ce qui prend du temps : récupérer l'existant. Les archives, la gestion des rendez-vous en ligne, les anciens fichiers, les données coincées dans les silos des géants, et tant d’autres choses. C'est là que les blocages se font sentir, et c'est là que la patience est la plus sollicitée.
Ce qui est bloquant : l’intégration des diverses automatisations (planification, synchronisation) peut se révéler compliquée. À surveiller donc pour s’assurer de ne pas perdre d’informations ou de données.
Ce qui nous attend
Les prochains mois seront consacrés à :
- finaliser l'extraction des données retenues par les solutions précédentes (avec ou sans leur coopération enthousiaste) ;
- consolider les usages sur la nouvelle infrastructure souveraine ;
- cerner les limites actuelles et trouver des solutions permettant de lever les freins
- documenter les étapes pour pouvoir partager ce retour d'expérience avec d'autres structures qui envisagent le même chemin.
Parce que c'est peut-être là l'enjeu le plus concret de cette aventure : ne pas garder pour soi les leçons apprises à la dure, et contribuer à ce que d'autres fassent le voyage un peu moins à tâtons.
Le chaos assumé
Le parcours est effectivement chaotique. Les obstacles sont réels, les délais s'allongent, et certains matins on regarderait presque avec nostalgie l'interface familière de Google ou Microsoft.
Mais l’indépendance a un prix et la direction, elle, est claire. Choisir des outils qui respectent nos données, soutenir des acteurs européens qui partagent ces valeurs, reprendre la main sur notre infrastructure numérique, ce n'est pas une posture idéologique. C'est une décision professionnelle et personnelle raisonnée.
La migration est progressive, parfois inconfortable, souvent instructive. On apprend beaucoup sur ses propres usages quand on est obligé de les reconstruire.
On a testé pour vous !
L'outil du mois : la suite Infomaniak
La plus grande force de Microsoft et de Google est de proposer un pack de solutions bien pensé, articulé ensemble, intégrant tous les besoins dans un seul système. Infomaniak, leur challenger suisse, propose également cette approche systémique intégrée, en prenant les bonnes idées chez Microsoft et chez Google : toute la suite office compatible, la gestion de la planification et le calendrier, IA éthique, drive mais aussi possibilité d’héberger son nom de domaine, son site web, de disposer d’un outil de création de site web bien meilleur que Google Site et de diffuser une newsletter à partir de la console du système. De plus c’est un hébergeur engagé, nos données restent en Europe, dans des data centers alimentés en énergie renouvelable. La promesse fait rêver, nous l’avons donc testé pour vous !
AVIS TECHNO-MÉFIANT
Infomaniak, j'y croyais moyennement au départ. L'outil manquait de maturité, la compatibilité avec l'écosystème Microsoft de mes clients était perfectible, et la perte de repères pour les utilisateurs était réelle. Bref, le genre de solution qu'on recommande avec des pincettes et un plan B sous le coude.
Quelques années plus tard, le constat est différent. kDrive, kSuite Docs, kMeet, kChat, SwissTransfer — les outils tiennent la route au quotidien. Les lacunes d'antan ont été comblées, la compatibilité s'est nettement améliorée, et le support, souvent le parent pauvre des alternatives souveraines, est réactif et compétent.
Ce qui fait pencher la balance définitivement : l'indépendance vis-à-vis des géants de la tech n'est plus un argument militant, c'est un argument professionnel. Des données hébergées en Suisse, un acteur qui ne revend pas vos usages, une tarification lisible. Pour mes clients, c'est devenu une option sérieuse et non plus un pari.
L'intégration avec de nouveaux outils, par exemple de prise de note, se fait de mieux en mieux et se synchronise avec le KDrive, ce qui est une bonne nouvelle.
Le techno-sceptique en moi reste vigilant. Mais il range ses pincettes.
AVIS TECHNO-ENTHOUSIASTE
Ça fait 2 ans que je suis leur évolution et j’ai constaté des progrès spectaculaires. Là où certaines choses étaient un peu laborieuses en ergonomie, désormais les outils proposés sont fluides, faciles à prendre en main. Le drive et le mail très efficaces, avec des applis mobiles bien pensées. L’outil newsletter est correct, mais encore un peu rustique. L’outil Site Creator est topissime, il permet de faire facilement et rapidement un site efficace et facile à entretenir.
Mais deux gros bémols. Premièrement l’agenda ne permet pas les fonctions de partage que permet Google avec les autres utilisateurs et il n’est pas possible d’y faire écrire des événements par une appli tierce d’automatisation type Calendly. Ça fonctionne donc pour quelqu’un qui voudrait simplement gérer son agenda et envoyer des invitations à des interlocuteurs. S’il s’agit de synchroniser automatiquement cet agenda avec ceux des utilisateurs d’autres systèmes ou gérer une prise de rendez-vous automatisée pour le demandeur, il y aura de grosses limites. Le deuxième point noir : l’outil visio KMeet, fondé sur l’open source JitsiMeet, est instable techniquement dans la gestion de la bande passante. Il y a régulièrement des coupures de son ou d’image inopinées pour soi-même et les autres utilisateurs, ce qui rend la réunion pénible et peu professionnelle.
Bilan : j’ai adopté Infomaniak pour leur service Site Creator et leur gestion éco-responsable des data centers et de l’IA Euria. Mon environnement mail, drive et contacts reste chez Proton. Je garde mon Google Agenda, Google Meet, Calendly et Zoom pour la planification des rdv qui s’articulent avec Proton. S’ensuit donc pour l’instant une démultiplication assumée des outils.

